Qu’est-ce qu’Omen Exitio: Hunger ?
Omen Exitio: Hunger est un livre-jeu numérique d’investigation et d’horreur cosmique développé par le studio indépendant italien Tiny Bull Studios et édité par 2P Games. Sorti le 24 juin 2026 sur PC (Windows et macOS), il s’inscrit dans la lignée des gamebooks lovecraftiens modernes, où chaque décision compte et où l’atmosphère prime sur l’action.
Contrairement à un jeu vidéo classique, un livre-jeu numérique fonctionne comme un roman interactif : le joueur lit des passages narratifs, fait des choix à des moments clés, et oriente ainsi le cours de l’histoire. Ici, ces décisions sont mémorisées tout au long de l’aventure, si bien que chaque partie reflète réellement les intentions du joueur.
Une histoire inspirée d’un fait divers réel
New York 1927 : une ville sous tension
L’histoire se déroule à New York en 1927, mais pas dans le New York glamour des Années folles que l’on imagine souvent. Ici, la ville est crasseuse, froide et impitoyable. Les ruelles de Brooklyn sentent le bois pourri et la misère, et les habitants vivent sous le poids d’une angoisse sourde que personne ne sait vraiment nommer.
Le joueur incarne un journaliste au passé douloureux en tant qu’artiste, rattrapé par les événements. Car son instinct et ses compétences d’enquêteur sont sa seule arme, il devra naviguer entre témoignages contradictoires, pistes fantômes et visions cauchemardesques pour approcher la vérité.
Billy Gaffney et l’horreur cosmique
Le point de départ du jeu s’ancre dans un fait divers américain authentique : le 11 février 1927, un petit garçon prénommé Billy Gaffney disparaît de son appartement à Brooklyn. Son jeune voisin de trois ans, retrouvé seul sur le toit de l’immeuble, ne répond qu’une chose aux enquêteurs : « Le bonhomme de minuit l’a emmené. » La ville est sens dessus dessous, mais aucune piste sérieuse n’aboutit.
Dans le jeu, le ravisseur est lui aussi un personnage historique réel. Toutefois, ses motivations dépassent largement celles de la réalité : elles viennent d’un autre plan d’existence, d’une entité qui dépasse l’entendement humain. C’est là qu’intervient toute la dimension lovecraftienne du récit – ce sentiment d’une vérité trop grande, trop étrange, pour que l’esprit humain puisse l’appréhender sans vaciller.
Un gameplay de livre-jeu moderne
Des choix narratifs qui ont du poids
Le cœur du gameplay d’Omen Exitio: Hunger repose sur des choix narratifs conséquents. Chaque décision – interroger un suspect ou fouiller un lieu, faire confiance à un témoin ou le mettre en doute – laisse une empreinte durable dans l’histoire. Le jeu « se souvient de tout », selon les propres mots des développeurs, ce qui donne un vrai sentiment de responsabilité narrative.
Cette mécanique distingue Omen Exitio: Hunger d’un simple roman interactif. En raison de la mémoire cumulative du scénario, les conséquences d’un choix fait au chapitre deux peuvent resurgir bien plus tard, de manière inattendue et parfois déstabilisante.
Le système d’interrogatoire
L’une des nouveautés majeures de cet opus est son système d’interrogatoire. Lors des interviews de suspects et de témoins, le joueur doit jauger en temps réel la part de vérité, de mensonge et de spéculation dans chaque déclaration. Il s’agit d’une mécanique inédite dans la franchise, qui transforme chaque conversation en mini-enquête psychologique.
Parfois, le joueur éprouvera de la sympathie pour son interlocuteur. D’autres fois, une franche antipathie. Toutefois, ce qui compte réellement, c’est de rester attentif à « l’ombre derrière chaque mot », comme le formulent les développeurs – car la vérité ne se dit jamais frontalement dans le New York de 1927.
Ressources limitées et tension permanente
Le jeu impose une gestion rigoureuse des ressources. Les actions disponibles sont comptées, si bien qu’il est impossible d’explorer chaque ruelle, d’interroger chaque témoin et de résoudre chaque puzzle en une seule partie. Ces contraintes forcent le joueur à établir des priorités, à accepter l’incertitude et, parfois, à avancer sans toutes les réponses.
Les puzzles environnementaux renforcent cette tension : connecter des indices dispersés dans les décors exige de la prise de notes et de la synthèse. Le rythme de jeu favorise la réflexion et la méthode, bien loin des jeux d’action rapide. Écouter son chat ou visiter d’autres mondes en rêve font aussi partie des outils à la disposition du joueur – une façon d’intégrer le surnaturel lovecraftien dans la mécanique même du gameplay.
Direction artistique et ambiance
Une palette sombre et oppressante
La direction artistique d’Omen Exitio: Hunger est pensée pour créer un malaise constant. La palette chromatique est sombre, étouffante, dominée par les gris et les bruns sales. Les environnements visitables – cours de ferme labyrinthiques, maisons en décomposition, décharges urbaines – sont conçus pour refléter une ville à bout de souffle, où la misère et le mystère cohabitent en permanence.
Car l’horreur lovecraftienne naît rarement du sursaut, mais plutôt d’une accumulation d’éléments dérangeants, cette direction visuelle sert parfaitement le propos narratif. Chaque lieu visité laisse une impression difficile à dissiper, même longtemps après avoir refermé le jeu.
Une bande-son au service de l’atmosphère
La bande-son d’Omen Exitio: Hunger est décrite par les développeurs comme « atmosphérique et stratifiée ». Elle s’intensifie lors des moments de tension dramatique et maintient un fond de malaise sonore pendant les phases d’exploration calme. Contrairement à des jeux qui utilisent la musique comme signal d’alerte, ici elle agit comme une présence – subtile, envahissante, difficile à ignorer.
Ce traitement sonore contribue à l’immersion totale que recherche le studio. La frontière entre le monde réel du joueur et l’univers du jeu s’amincit progressivement, et c’est précisément là que réside la force d’un bon récit lovecraftien.
Omen Exitio : une franchise lovecraftienne
Le lien avec Plague, le premier opus
Omen Exitio: Hunger est le second opus de la franchise Omen Exitio, initiée avec Omen Exitio: Plague en 2018-2019. Ce premier jeu partageait la même philosophie fondatrice : ancrer l’horreur cosmique lovecraftienne dans un cadre historique documenté et précis, plutôt que dans un univers purement fictif.
Les deux jeux fonctionnent de manière indépendante sur le plan narratif, mais partagent une identité forte : des personnages issus de faits historiques réels, une atmosphère oppressante soigneusement construite, et une narration qui récompense l’attention et la patience. Toutefois, Hunger va plus loin que son prédécesseur avec ses nouvelles mécaniques d’interrogatoire et sa narration à mémoire, ce qui en fait une évolution notable du concept.
Tiny Bull Studios : qui développe le jeu ?
Tiny Bull Studios est un studio indépendant fondé en 2011 à Turin, en Italie, par Matteo Lana et Rocco Luigi Tartaglia. Dès leurs débuts, les deux fondateurs ont orienté leur studio vers des jeux narratifs innovants, souvent expérimentaux dans leur approche. Leur premier titre marquant, Blind (2018), était un thriller en réalité virtuelle entièrement basé sur la perception sonore – une prouesse technique et artistique à l’époque.
Leur catalogue reflète une volonté de ne jamais répéter la même formule. Car chaque projet explore un genre ou une mécanique différente, Tiny Bull Studios s’impose comme l’un des studios italiens les plus créatifs de la scène indépendante. En raison de cette diversité, leur nom est aujourd’hui associé à une exigence narrative et artistique qui dépasse les standards habituels du jeu indépendant.
Pour qui est fait ce jeu ?
Omen Exitio: Hunger s’adresse avant tout aux amateurs de romans noirs, d’horreur atmosphérique et de récits à choix multiples. Si vous appréciez les œuvres de H. P. Lovecraft ou les jeux narratifs comme 80 Days ou Sorcery!, vous trouverez ici une expérience cohérente et soignée.
Le jeu est également très accessible sur le plan technique : il tourne sur des configurations modestes (Windows 7, 4 Go de RAM, 900 Mo d’espace disque), et est disponible à moins de 10 dollars au lancement. Toutefois, il s’adresse moins aux joueurs en quête d’action rapide ou de défis réflexes – la patience et l’observation sont ici les qualités les plus précieuses. Avec plus de 20 000 listes de souhaits enregistrées sur Steam avant même sa sortie officielle, l’attente autour de ce livre-jeu lovecraftien témoigne d’un intérêt réel pour ce type d’expérience narrative exigeante.
FAQ
Omen Exitio: Hunger est-il disponible en français ?
À ce jour, aucune localisation officielle en français n’a été confirmée pour Omen Exitio: Hunger. Le jeu est proposé en anglais sur Steam. Il est toutefois conseillé de vérifier régulièrement la page officielle du jeu, car des mises à jour de langue peuvent être ajoutées après le lancement.
Combien de temps dure une partie d’Omen Exitio: Hunger ?
Omen Exitio: Hunger est un gamebook narratif dont la durée varie selon les choix effectués et le niveau d’exploration du joueur. Une première partie se joue généralement en quelques heures, mais la rejouabilité est réelle : les multiples embranchements narratifs encouragent à recommencer pour découvrir d’autres fins.
Faut-il avoir joué à Omen Exitio: Plague pour comprendre Hunger ?
Non, Omen Exitio: Hunger est accessible sans connaissance du premier opus. Les deux jeux partagent une philosophie lovecraftienne commune, mais leurs intrigues sont indépendantes. Un joueur découvrant la franchise avec Hunger pourra donc profiter pleinement de l’expérience sans avoir joué à Plague au préalable.
Omen Exitio: Hunger est-il prévu sur consoles ou mobile ?
À sa sortie le 24 juin 2026, Omen Exitio: Hunger est disponible uniquement sur PC via Steam, en versions Windows et macOS. Aucune date de sortie sur console ou mobile n’a été officiellement annoncée. Le premier opus, Omen Exitio: Plague, était disponible sur Nintendo Switch, ce qui laisse envisager un portage futur.
Le jeu propose-t-il plusieurs fins différentes ?
Oui, Omen Exitio: Hunger intègre un système de narration à mémoire qui enregistre chaque choix du joueur tout au long de l’aventure. Ces décisions cumulées influencent directement le dénouement de l’histoire. Plusieurs fins sont ainsi accessibles selon le parcours suivi, ce qui renforce considérablement la rejouabilité du jeu.







